Le Vatican empêtré dans ses contradictions
La question devient toujours plus pressante : que savait exactement Joseph Ratzinger des abus sexuels commis dans son diocèse lorsqu’il était archevêque de Munich-Freising ?
Le prêtre pédophile allemand Peter H., déplacé en 1980 dans le diocèse de Munich-Freising, alors dirigé par l’archevêque Joseph Ratzinger, n’a été suspendu que lundi par l’évêché de Munich, selon des révélations du New York Times et du Spiegel Online . Pendant trente ans, ce prêtre a donc pu continuer à exercer des fonctions pastorales auprès des jeunes, alors que ses crimes pédophiles étaient connus de sa hiérarchie. Et cela en violation du droit canon, qui prévoit que le clerc qui persiste dans ses délits sera puni de la suspense, voire du renvoi de l’état clérical.
En 1979, Peter H., prêtre dans le diocèse d’Essen, contraint le jeune Wilfried F., 11 ans, à lui faire une fellation. Ayant appris ce fait, le diocèse d’Essen demande à l’archevêché de Munich d’accueillir ce clerc afin qu’il y suive une psychothérapie. Les autorités diocésaines, dont l’archevêque Ratzinger, acceptent. En 1980, le vicaire général du diocèse, Gerhard Gruber, l’affecte en tant qu’assistant aumônier à une paroisse. Entre 1982 et 1985, Peter H. commet de nouveaux abus sexuels sur des mineurs. En 1986, le tribunal d’Ebersberg le condamne à une peine de prison de 18 mois avec sursis et à une amende de 4000 marks. Après le procès, Peter H. travaille durant un an dans une maison de retraite. En 1987, il rejoint la paroisse de Garching an der Alz, dont il devient abbé et administrateur du Conseil paroissial.
Il y demeurera jusqu’en 2008, année où il est soudainement déplacé à Bad Tölz, une agréable station thermale de Bavière. Selon le New York Times, une condition est posée à ce déplacement : le prêtre ne doit pas être en contact avec des enfants. A-t-il récidivé ? Aucune nouvelle plainte n’a surgi depuis sa condamnation en 1986. A Bad Tölz, il était censé travailler avec des touristes, mais, selon le quotidien américain, il pouvait toujours célébrer des messes, et donc fréquenter des jeunes.
Dans un récent communiqué publié par l’évêché de Munich, l’ancien vicaire Gerhard Gruber a assumé l’entière responsabilité des déplacements de Peter H. Quant à Joseph Ratzinger, il a quitté le diocèse de Munich-Freising en mai 1982, pour devenir préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF), un poste qu’il occupera jusqu’en 2005. Que savait-il de l’affectation, en 1980, de ce prêtre à une paroisse de son diocèse ? Pour l’instant, le pape se tait, mais les catholiques allemands réclament des explications.
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